Actualité

retour

 

Homéopathie une tribune relance la controverse

Le 31 juillet dernier, le journal Le Monde rapportait que le Syndicat national des médecins homéopathes français – l’organisme qui représente les homéopathes – avait porté plainte devant l’Ordre des médecins, contre des collègues auteurs d’une tribune récente dénonçant notamment la « tromperie » et « l’absence d’honnêteté » des pratiques homéopathiques. Au-delà de ces derniers rebondissements, pourquoi ce débat est-il si passionnel dans notre pays ?

Une tribune au vitriol

Tout a commencé par la publication en mars dernier dans le journal Le Figaro d’une tribune signée par 124 professionnels de la santé dénonçant en termes peu amènes l’inefficacité de l’homéopathie. Ces derniers y invoquent l’obligation d’honnêteté du Code de déontologie des professions médicales ainsi que le Code de la Santé Publique, pour demander « l'exclusion de ces disciplines ésotériques du champ médical », accusant l’Ordre des médecins de tolérer « des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie ».

Rappelant l’absence de preuves scientifiques  relative à l’efficacité de l’homéopathie, les signataires affirment que celle-ci ne se contente pas seulement d’être sans effet, mais qu’elle serait aussi coûteuse et dangereuse pour plusieurs raisons : surmédicalisation, illusion de l’existence d’un traitement pour toutes les situations, défiance face aux pratiques scientifiquement éprouvées, ou encore retard dans certains diagnostics. S’en suit un ensemble de demandes concernant leurs collèges homéopathes, telles l’interdiction de faire état de sa compétence, la non reconnaissance des diplômes, la fin du remboursement des spécialités homéopathiques par l’Assurance-maladie, etc.

Comment expliquer de telles divergences au sein du corps médical ?

Un débat particulièrement vif en France

Pour comprendre pourquoi le débat autour de l’homéopathie prend tant d’importance en France, il faut avoir à l’esprit que notre pays est le premier consommateur de produits homéopathiques dans le monde : en 2010, les français consommaient 20% de l’ensemble de la production mondiale à eux-seuls. D’après un sondage réalisé pour le compte des laboratoires Boiron (premier producteur mondial de spécialités homéopathiques), 56% des français disaient en 2012 avoir recours à ces méthodes. En volume, le marché français de l’homéopathie représentait en 2016 1,13% des ventes, soit 620 millions d’euros pour un marché total de 54,5 milliards d’euros.

A titre de comparaison, la part de l’homéopathie dans l’ensemble des ventes de médicaments en Angleterre tourne par exemple autour de 0,3%, la Sécurité sociale anglaise (le NHS) ayant d’ailleurs décidé sans grands remous de dérembourser ces préparations en 2017. En France, celles-ci font au contraire l’objet d’un remboursement à hauteur de 30%, avec une franchise médicale de 0,5 euros  par boite comme n’importe quel autre médicament remboursable, dans la limite de 50 euros par an. Cette réglementation a couté en 2016 près de 56 millions d’euros à la Sécurité sociale, pour un total de 19 milliards d’euros de médicaments pris en charge. Il convient enfin de rappeler que la procédure d’autorisation de mise sur le marché des spécialités homéopathiques est dérogatoire : à l’heure actuelle, la Haute Autorité de Santé ne peut pas, par exemple, se prononcer sur leur service médical rendu (SMR), critère fondamental décidant d’un éventuel remboursement pour les autres médicaments. Les préparations homéopathiques ne font donc l’objet d’aucune évaluation scientifique de leur efficacité.

Focus : les médicaments homéopathiques

On distingue deux types de médicaments homéopathiques : les médicaments homéopathiques à nom commun, et les médicaments homéopathiques à nom de marque, dits également spécialités homéopathiques.

Les médicaments  homéopathiques à nom commun sont ceux qui peuvent être remboursés à hauteur de 30% par la Sécurité sociale. Ils sont de trois types :

  • Les souches à nom commun, par exemple « Arnica 9CH granules », composées d’une seule souche ayant subi un certain nombre de dilutions et fabriquées en série ;
  • Les formules de prescriptions courantes, qui sont une association standardisée de plusieurs souches ;
  • Les préparations magistrales homéopathiques, préparées sur prescription pour un seul malade par une pharmacie.

Les médicaments homéopathiques à nom de marque, ou spécialités homéopathiques, sont produits par les laboratoires homéopathiques, et distribués sous un nom de marque. Ils comportent une indication thérapeutique et une posologie, et sont donc adaptés à l’automédication.

Une efficacité limitée

Comment fonctionne l’homéopathie ? Son principe a été énoncé à la fin du XVIII° siècle par Samuel Hahnemann : il s’agit de diluer des substances qui, si elles étaient concentrées, provoqueraient des symptômes similaires à ceux du patient. En pratique, le niveau de dilution élevé fait que les granules sont dépourvues de principe actif. Sur le plan scientifique, les études réalisées n’ont d‘ailleurs jamais prouvé l’efficacité de l’homéopathie, au-delà de l’effet placebo. Les principales instances d’évaluation des pays développés ont donc clairement pris position sur le sujet et le Conseil scientifique des académies des sciences européennes, qui réunit l'ensemble des académies des sciences nationales, a publié en 2017 un rapport rappelant le consensus scientifique sur la question.

C’est d’ailleurs là un premier point d’achoppement, entre ceux qui pensent que cette absence d’efficacité implique d’interdire toute reconnaissance de ces méthodes, et ceux qui soulignent que l’effet placebo n’étant pas négligeable, il demeurerait intéressant de continuer à délivrer de telles préparations et que d’autres bénéfices peuvent être retirés d’une consultation d’homéopathie. Pour ces derniers, l’homéopathie permettrait par exemple de diminuer le risque d’iatrogénie médicamenteuse, c'est-à-dire d’interaction entre médicaments, tout en bénéficiant de l’effet positif du placebo. De plus, la qualité de la relation entre le professionnel de santé et le patient aurait des effets bénéfiques dans le cadre d’une consultation d’homéopathie, du fait même des méthodes mises en œuvre par cette dernière (écoute approfondie, échanges dans la durée, etc.).

Attentive à votre liberté de choix et à la qualité du lien entre soignants et malades, votre mutuelle GSMC rembourse donc, lorsque vos garanties le prévoient (forfait « médecine douce), la part des consultations d’homéopathie non prise en charge par la Sécurité sociale.

Une situation qui pourrait évoluer prochainement ?

S’agissant de cette prise en charge, les choses ne sont pas figées. L’actuelle ministre de la Santé Agnès Buzyn déclarait ainsi en avril dernier, lors d’une interview (Europe 1/RMC-BFM TV), que « l’homéopathie ne peut fonctionner autrement que par l’effet placebo […] Si ça peut éviter de consommer des médicaments toxiques, nous y gagnons, en tout cas ça ne fait pas de mal », tout en rajoutant que « si on se pose la question du remboursement de l’homéopathie, il faut se poser celle de tous les médicaments peu efficaces ».

Elle a depuis précisé, fin mai sur France Inter, que « l’homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être […] Le problème de l’homéopathie est qu’elle n’a jamais été évaluée comme les médicaments ». Aucun échéancier n’a cependant été avancé depuis.

Enfin, en juin, l’Ordre des médecins a publié un communiqué en réaction à l’affaire. Il y déclare notamment que « le traitement préconisé par un médecin ne peut, en aucun cas, être alternatif aux données acquises de la science et à l’état de l’art, mais il peut comporter une prescription adjuvante ou complémentaire, médicamenteuse ou autre, que le médecin apprécie en conscience dans chaque situation, après avoir délivré au patient une information loyale, claire et appropriée ». Ce qui signifie qu’un médecin est toujours déontologiquement tenu de préciser à son patient si la spécialité qu’il s’apprête à lui délivrer a un effet scientifiquement prouvé ou non sur sa santé, qu’il s’agisse d’homéopathie ou de médicaments ordinaires.

Les prochains mois diront donc si la tribune controversée de mars dernier aura fait bouger les lignes. Il est dans tous les cas à peu près certain que ce sujet n’est pas près de cesser de déchaîner les passions.

***

Si vous souhaitez en savoir plus, réagir, apporter une précision : n’hésitez-pas à nous contacter !

  • Par téléphone au 03 20 47 62 00 - du lundi au vendredi  entre  8h30 à 17h30
  • Par courriel : contact@mutuelle-gsmc.fr
  • Ou encore en nous écrivant à : Mutuelle GSMC - Héron parc - 40 rue de la vague - CS 20455 -59658 Villeneuve d'Ascq.

Et comme toujours, n’hésitez-pas à nous contacter si vous souhaitez réagir ou obtenir des précisions !

Veuillez patienter

Rafraîchir la page - Contactez-nous

Parrainez vos proches et bénéficiez de 30 euros de chèques cadeaux !

Parrainez jusqu'à 3 de vos proches et bénéficiez à chaque fois d'un chéquier cadeau de 30 € offert pour vous et votre filleul !

Votre mutuelle à votre écoute :

Contactez-nous par email
contact@mutuelle-gsmc.fr

03 21 12 25 50
Du lundi au vendredi
de 8h30 à 17h30

Héron parc
40 rue de la vague
CS 20455
59658 Villeneuve d'Ascq