Le pacte de refondation des urgences

Publié le 19 septembre 2019

Vous n’avez pas pu passer à côté : de très nombreux services d’urgences sont actuellement en grève sur tout le territoire – 249, soit plus de la moitié de l’ensemble des services. Ce mouvement de fond entamé il y a 5 mois a conduit le ministère de la Santé à annoncer hier un ensemble de mesures appelée « pacte de refondation ». De quoi s’agit-il ?

refondation des urgences
refondation des urgences

Les raisons de la crise

  • Les services d’urgence sont dépassés

 

En vingt ans, le nombre de passage aux urgences a doublé : 21 millions pour 2018, contre 10,1 millions en 1996.

Les services doivent donc faire face à un afflux de patients plus important, ce qui se traduit par une intensification du travail et des locaux saturés.

  • La médecine de ville peine à répondre à la demande des patients

Les longs délais d’attente dans certaines spécialités poussent les patients à se diriger vers les urgences pour avoir accès à un praticien, faute d’obtenir un rendez-vous assez rapidement. Ainsi, 43% des passages aux urgences relèvent en fait d’une simple consultation médicale.

De plus, la fin des gardes obligatoires en 2002 (réforme « Mattéi ») a conduit un certain nombre de médecins libéraux à se désengager de celles-ci : seuls 65% des praticiens participaient à la permanence des soins en 2015, sur la base du volontariat. Dans ces conditions, les urgences hospitalières deviennent parfois le seul lieu offrant un accueil médical à toute heure du jour et de la nuit. Pourtant, 35% des passages aux urgences pourraient être traités par un médecin généraliste.

Une organisation perfectible

Urgences : comment expliquer la crise dans les hôpitaux ?

25% des postes d’urgentistes sont actuellement vacants faute de médecins. Les services d’urgence n’arrivent donc pas toujours à recruter, d’autant plus qu’un nombre non négligeable de médecins privilégient l’exercice en intérim, mieux rémunéré et plus souple. La médecine d’urgence fait ainsi partie des spécialités qui connaît le plus d’intérimaires, avec de plus un différentiel de rémunération important entre le secteur public et le secteur privé, ce qui n’améliore pas les choses.

Par ailleurs, 20% des unités d’urgence enregistrent moins de 15 000 passages par an, contre une moyenne annuelle de 29 000 entrées pour toute la France. Ces services locaux ont parfois du mal à fonctionner : faute de praticiens, il peut arriver qu’ils doivent fermer temporairement, notamment durant les congés d’été, ce qui provoque un afflux vers d’autres hôpitaux non dimensionnés pour y faire face.

Le pacte de refondation : 754 millions d'euros en 3 ans pour transformer les urgences

Il  existe un plan d’action du gouvernement pour répondre aux attentes des professionnels de santé : 

  • Service d’action aux soins (SAS)

Cela se traduit par la mise en place d’un service distant universel accessible par téléphone ou Internet 24h/24. Il permet de recevoir une téléconsultation, obtenir un rendez-vous chez un généraliste dans un délai de 24h. De se voir prodiguer des conseils médicaux et paramédicaux, ou être orienté vers un service d’urgence.

L’objectif est d’éviter les passages inutiles aux urgences.

  • Création de 50 maisons médicales de garde

Il s’agit de l’accueil de médecins libéraux à proximité immédiate des services d’urgence. Les praticiens peuvent effectuer des examens de biologie médicale simples.

Le but est de répondre aux besoins des patients dont le problème relève de la médecine générale.

  • Lutte contre l’intérim médical

Ce sont des mesures pour limiter certaines dérives liées à ce fonctionnement Il y a un plafonnement du montant des gardes déjà en cours.

L’objectif est de limiter la fuite des médecins vers l’intérim.

  • Objectif « zéro personnes âgées aux urgences »

C’est la création d’une filière d’accueil spécifique des résidents d’EHPAD.

L’idée est d’éviter que les résidents d’EHPAD ne passent par les urgences classiques.

  • Financement autrement les services d’urgence

Il s’agit d’une dotation forfaitaire qui dépend de différents paramètres. Par exemple, les caractéristiques des patients, l’importance du bassin de population, et le nombre de praticiens libéraux exerçant dans le ressort…

Le but est d’adapter les moyens aux réalités du terrain

Plan de refondation des Urgences : Les 12 mesures clé

(source : ministère de la Santé)

Mesure 1
Mettre en place dans tous les territoires un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le service d’accès aux soins (SAS).

Mesure 2
Renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé.

Mesure 3
Donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences.

Mesure 4
Offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients.

Mesure 5
Généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences.

Mesure 6
Intégrer la vidéo à distance dans tous les SAMU.

Mesure 7
Mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés.

Mesure 8
Renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences.

Mesure 9
Lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical.

Mesure 10
Réformer le financement des urgences.

Mesure 11
Renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences.

Mesure 12
Fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées.

  

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